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Analyse du tissu d'entreprise

Analyse du tissu d'entreprises

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Pour être efficace, l'analyse du tissu d'entreprises doit être est à la fois qualitative et quantitative :

  1. Approche « quantitative » : Recenser et caractériser le tissu d’entreprises. Cela suppose d’analyser le dynamisme des entreprises et d’observer le renouvellement du tissu, par le biais des "naissances", "décès", et principaux événements au cours de leur existence (notamment : transfert, reprise et réactivation).
  2. Approche « qualitative » : Une fois ce recensement effectué, étudier des entreprises emblématiques ou des acteurs types de secteurs clés. L’analyse quantitative permet de comprendre ce qui caractérise le tissu économique, ses spécificités, les secteurs moteurs ou ceux qui sont peu présents, etc. Il s’agit ici de rencontrer une vingtaine d’acteurs économiques locaux afin de comprendre comment « ils vivent » le territoire, c’est à dire leur perception de ses atouts et faiblesses. Cette « parole » du territoire doit permettre de mieux comprendre comment orienter les actions pour mieux répondre aux attentes.

I/ Quel est le tissu local d’entreprises ?

Il n’existe pas une source unique d’information sur le tissu d’entreprises d’un territoire et il est nécessaire de croiser plusieurs sources et méthodes pour produire une analyse pertinente :

  1. Les fichiers SIREN et le CLAP de l’INSEE. Ils donnent une vision du « stock » d’entreprises et fournissent de premières informations sur la répartition des activités par branches, par quartiers ou voies (Le fichier SIREN dispose notamment du code des voies de chaque commune, ce qui permet de géolocaliser les données). A partir de nos méthodes statistiques présentées notamment dans les fiches pratiques économique de la lettre du cadre territorial, nous procédons à des estimations d’emploi par branches et communes pour les entreprises de moins de 20 salariés, lesquelles représentent le plus souvent le véritable gisement d’emplois locaux. Ces informations sont complétées soit des enquêtes de terrain réalisées par les services en charge du développement économique, soit par nos estimations sur les plus significatifs d’entre eux. Le croisement des deux approches (approche statistique et approche de terrain) permet de mesurer le niveau d’emploi avec une bonne fiabilité.
  2. Le fichier de la « démographie » des entreprises (créations et disparitions). Il permet d’avoir des indications sur la dynamique du territoire. Le taux moyen national de natalité est de 10-11% et celui de mortalité de 9-10%. Ce taux varie selon les branches et territoires et son analyse est particulièrement pertinente pour comprendre les tendances du territoire et sa dynamique. Ce suivi s’appuie sur les méthodes que nous avons développées et exposées notamment dans les fiches pratiques citées. Il permet de fournir des indications précises sur la dynamique réelle, dont les méthodes sont par ailleurs transférées au service économique à l’issue du diagnostic. Ceci permet de reproduire en interne chaque année l’analyse et donc d’actualiser cette partie du diagnostic.
  3. Les comptes sociaux des entreprises. Ils permettent de cibler de façon plus spécifique le tissu de PME. En effet, ils permettent d’identifier les entreprises ayant leur siège sur le territoire, d’une taille suffisante pour avoir l’obligation de publier des comptes sociaux mais ne comportant pas une multitude d’établissements sur le territoire (ceci rendrait impossible l’utilisation du bilan pour estimer le chiffre d’affaires, l’emploi, l’investissement localisé sur la collectivité). La méthode d’analyse a également été détaillée dans les fiches pratiques citées ci-dessus. Cette analyse permet d’avoir une vue précise de la conjoncture économique du tissu de PME. Les méthodes du diagnostic sont également transmises au service économique.
  4. Les informations concernant les grandes entreprises. Pour celles-ci, les comptes sociaux ne sont pas pertinents (ils ne décrivent pas la situation du site ou des sites implantés sur la collectivité mais la situation globale de l’ensemble des établissements. L’analyse de terrain par enquêtes, l’exploitation des données gérées par le service économique, l’exploitation des rapports d’activité et de la presse sur le sujet sont ainsi indispensables.
  5. Les informations économiques contenues dans la taxe professionnelle. En complément des autres sources, ce fichier permet de disposer d’informations sur le nombre et la répartition des entreprises par activités, espaces et statuts (professions libérales et artisans notamment). La méthode d’analyse a fait l’objet de plusieurs fiches pratiques pour la lettre du cadre territorial ainsi que d’un ouvrage sur le sujet « observatoire fiscal et diagnostic territorial », éditions lettre du cadre 2006).

Résultats attendus à l’issue de cette étape

  • Recenser et caractériser les entreprises présentes sur le territoire (taille, forme juridique, origine).
  • Analyser les secteurs et leur dynamique (étude du « stock » d’établissements sur le territoire).
  • Analyser le degré de spécialisation et de concentration du tissu productif de la collectivité pour identifier les filières dominantes, motrices ou émergentes et d’éventuels déficits sectoriels. Ces éléments sont comparés aux tendances départementales, régionales et nationales.

Après avoir étudié le tissu et ses spécialisations, il est nécessaire d’étudier des entreprises emblématiques ou des acteurs types de secteurs clés. La première partie de l’analyse a visé à comprendre la structure économique du territoire, ses spécificités, les secteurs moteurs ou ceux qui sont peu présents, etc., la seconde doit viser à cibler des entreprises ou des secteurs d’activité dont la connaissance est stratégique pour la collectivité.

II/ Comment les acteurs économiques « vivent »-t-ils le territoire ?

Il s’agit ainsi de rencontrer les acteurs économiques locaux afin de comprendre comment « ils vivent » le territoire. En lien avec le service économique, il s’agit de connaître leur perception de ses atouts et faiblesses pour orienter la communication ET les actions économiques, infrastructurelles ou d’aménagement. Ce travail de terrain s’appuie sur un guide d’entretiens semi directifs, conçu en partenariat avec le service économique afin de prendre en compte les éléments locaux qui doivent faire l’objet d’une analyse plus détaillée.

Résultats attendus à l’issue de cette étape

  • Connaître les atouts et faiblesses du territoire, vus du point de vue des entreprises.
  • Etablir des grilles de priorité (actions à court terme et/ou peu onéreuses, actions à moyen terme, actions à long terme et/ou très onéreuses, nécessitant une réflexion sur le « retour sur investissement ».

III/ Qui sont les moteurs économiques du territoire ?

Les moteurs du développement territorial sont divers :

  • Une part de la croissance résulte de l’existence d’acteurs économiques emblématiques. Ceux-ci fournissent une « image », le plus souvent, ces acteurs sont industriels (aéronautique, spatial, plus généralement des activités à fort contenu technologique ou intellectuel), plus rarement des activités tertiaires. Il s’agira alors d’étudier si des identifiants de ce type existent et leurs caractéristiques.
  • Une part résulte de la qualité urbaine et des infrastructures. Ces éléments contribuent à la qualité de vie et qualité de ville. Il s’agira d’étudier leur importance dans le vécu des résidents et des entreprises.
  • Une part résulte de la densité du tissu (PME, TPE, Professions libérales, artisans et commerçants.)

Etudier ces éléments permet d’indiquer des ordres de priorité : Implantation de grandes entreprises ou priorité au tissu de proximité ?

Sur cette base, les dimensions emploi et attractivité peuvent être étudiées.

Mise à jour le Vendredi, 12 Juin 2009 09:24